Depuis le début de cette crise sanitaire, les enseignant∙es, personnels de l’Éducation Nationale, et agent∙es territoriaux qui assurent le nettoyage des locaux, particulièrement celles et ceux de l’Oise, sont sur le pont. Ils∙elles ne sont pas en première ligne comme les personnels de santé. Mais à leur niveau, ces agents participent aussi très largement à la solidarité nationale. Ainsi toute cette semaine, bon nombre d’entre elles∙eux se sont porté∙es volontaires pour accueillir les enfants de soignants dans les écoles et les collèges du département. Une nouvelle fois, l’administration est méprisante et ne montre aucune considération pour l’ensemble de ses personnels.

Depuis le début de la semaine, la FSU de l’Oise a demandé à Madame la DASEN que des équipements de protection soient mis à la disposition des enseignant∙es, des agent∙es et des enfants de soignants afin d’éviter la propagation du virus dans le cadre de cet accueil, notamment à leurs familles. Madame la DASEN de l’Oise nous a répondu qu’il n’y avait pas de masques, pas de gants, etc pour les écoles et collèges du département. C’est donc avec le plus grand étonnement que nous avons appris cet après midi par voix de presse que l’académie d’Amiens venait de donner ses 48 000 masques à l’ARS [COVID-19 L’académie d’Amiens fait don de tous ses masques à l’agence régionale de santé https://www.courrier-picard.fr/id76549/article/2020-03-20/lacademie-damiens-fait-don-de-tous-ses-masques-lagence-regionale-de-sante]. L’inspectrice d’académie ne nous en avait jamais parlé.

Il y avait donc des masques, et en grande quantité ! Et tous ont été donnés : aucun des 48 000 masques n’a été gardé pour assurer la sécurité sanitaire du dispositif d’accueil des enfants de soignants. C’est inacceptable ! On ne peut que s’inquiéter de la réaction des enseignant∙es et agent∙es qui font vivre les valeurs de solidarité avec les personnels des services publiques de santé dans la lutte contre l’épidémie. Cette imprudence supplémentaire (après tant de revirements et de dysfonctionnements depuis le décès de notre collègue du collège de Crépy-en-Valois) et ce manque de considération sont absolument inadmissibles. Combien doit-il y avoir de morts pour que l’administration protège ses personnels ? En agissant ainsi, l’Inspectrice d’académie montre à l’ensemble de ces personnels qu’elle n’a aucune considération pour elles et eux et qu’elle n’a aucun souci à dissimuler des informations aux délégué-es du personnel sur des questions de santé graves. Au lieu d’envoyer des mails de remerciements, la FSU de l’Oise réclame au ministre de l’Éducation Nationale et à Madame la DASEN des mesures de protection immédiates pour tous les agent-es volontaires exposé-es, pour les enfants de soignants accueillis et pour leurs familles.

Lettre de l’intersyndicale nationale éducation envoyée le 23 mars 2020 au ministre de l’Education nationale :

23mars-courrier intersyndical national éduc