La FSU Oise était présente et s’est faite entendre au congrès national de la FSU réuni à Rennes du 3 au 7 février 2025 ! Vous retrouverez ci-dessous les interventions en plénières complétées par toutes celles réalisées lors des différentes commissions thématiques du mardi 4 février.
Participation au débat général (lundi 3 février)
Cher·es camarades,
Comme vous le savez toutes et tous et Benoît l’a rappelé, jamais l’extrême-droite n’a fait autant de voix qu’aux dernières élections. 7,5 millions au premier tour de la présidentielle 2022, 10 millions en juillet 2024. Dans notre département 6 député·es sur 7 sont du Rassemblement National et on aimerait vous dire que le 7ème nous sauve mais non puisqu’il s’agit d’Eric Woerth… C’est dire…
Jamais donc l’extrême-droite n’a été aussi proche de prendre le pouvoir. Jamais cette éventualité ne fut autant possible. Si cela arrivait, cela dévasterait notre camp social, celui du monde du travail, des travailleurs et travailleuses. Même si aujourd’hui, déjà, l’odeur rance des propos de Retailleau, Bayrou ou Macron peut largement se confondre avec celle de Le Pen ou Zemmour.
Les élections européennes puis législatives anticipées ont agi comme un électrochoc et notre fédération a eu raison de s’engager fermement. Beaucoup d’entre nous ici présent·es sont intervenu·es en tant que militant·es, en tant que syndicalistes dans cette campagne écrasant ainsi les barrières imaginaires qui devraient séparer le Politique du Syndical sans se confondre. C’est tant mieux. Beaucoup d’entre nous ont vu la violence qui s’est abattue sur le pays durant ces quelques semaines de juin où la parole, les menaces, les intimidations, les agressions verbales et physiques se sont normalisées comme jamais dans l’espace public. Ce fut un autre choc.
Jamais donc le syndicalisme émancipateur, de lutte, de transformation sociale que nous défendons et faisons vivre au quotidien dans nos sections départementales et syndicats nationaux n’a porté une responsabilité aussi lourde en France. Mais aussi dans le monde face à la montée d’un capitalisme destructeur de la planète et du vivant ; face à la montée des impérialismes et avec l’internationale de l’extrême droite qui s’organise, elle aussi.
Jamais nos sections départementales n’ont été autant actives et sollicitées ; leur action est toujours plus intense. Les sections départementales font vivre la FSU au quotidien avec difficulté parfois mais avec joie aussi. Car les combats, s’ils sont à la fois durs et nombreux, sont aussi beaux surtout quand ils sont victorieux. Ils sont le socle de la camaraderie qui nous rassemble en FSU, mais aussi sur le champ interprofessionnel, notamment avec nos camarades de la CGT.
Lutte pour le droit au logement, à l’éducation, à la santé pour tous les enfants qui trop nombreux dorment dehors et pour la régularisation des sans-papiers,
Lutte contre la précarité d’où qu’elle vienne, peu importe le ministère, par exemple avec nos collègues et camarades non-titulaires, AED, AESH pour gagner un statut, la priorité pour notre fédération,
Lutte contre tous les projets écocides par exemple le Canal Seine Nord Europe dans les Hauts de France mais il y en a d’autres, pour construire un projet écosyndical,
Lutte pour l’égalité des droits et contre les violences sexistes et sexuelles…
Lutte pour l’École publique, pour les services publics, pour les salaires, pour de meilleures conditions de travail, pour une inclusion avec de vrais moyens.
La liste est longue d’actions, de liens, de soutiens aussi pour construire ou renforcer la FSU territoriale, pour faire vivre le pluralisme dans nos SD (qui constitue notre richesse et notre force), et donc faire face à la baisse de la syndicalisation. Les sections départementales ont évidemment besoin d’être vivement soutenues financièrement et en décharge pour avoir les moyens de donner envie d’adhérer.
D’hier à aujourd’hui, des générations militantes entières se sont construites contre l’extrême-droite, contre le fascisme. Cela sera aussi le cas de celle de juillet 2024 car notre syndicalisme porte une alternative claire et ambitieuse qui doit faire rêver, donner envie à des générations entières de changer ce monde qui en a tant besoin.
AESH : en finir avec la cape d’invisibilité ! (thèmes 2 – mercredi 5 février)
Vous me voyez ? Non ! Et bien c’est notre quotidien, parce qu’on est AESH.
Alors je vais vous raconter une histoire.
AESH depuis 18 ans maintenant, je me suis syndiquée à la FSU parce que j’ai été bien défendu quand la DSDEN voulait baisser mon temps de travail. C’est ensuite tout naturellement que j’ai acceptée d’y prendre des responsabilités pour défendre les droits trop souvent bafoués de mes collègues, pour faciliter et diffuser les informations nécessaires pour la reconnaissance de notre métier.
Cette histoire c’est aussi celle d’un 20ème anniversaire. Celui de la loi du 11 février 2005 qui était porteuse de nombreux espoirs pour les droits des personnes en situation de handicap et l’inclusion. Force est de constater que 20 ans après le chantier a peu avancé. Ces jolis mots se transforment en dure réalité pour les personnels comme pour les élèves et les familles qui souffrent au quotidien du manque de moyens. Le nombre de fiches SST et les interventions syndicales explosent en nombre, en fréquence et en intensité depuis plusieurs années.
AESH, c’est l’histoire de lutte(s) aussi
Aujourd’hui les AESH représentent 10% des effectifs de l’éducation nationale mais il n’y a toujours pas de statut. Et dans ces 10% savez-vous combien sont des femmes ? 93%.
Des femmes qui occupent ces emplois du care, ces emplois précaires, ces emplois à temps partiels imposé, ces emplois mal payés, ces emplois mais reconnus. Ça sera donc l’histoire d’une double lutte : féministe et statutaire ! Et à coup sûr nos revendications seront en têtes des mobilisations du 8 mars !
La précarité est toujours associée aux AESH. Nos conditions de travail se dégradent et la mutualisation nous oblige à accompagner de plus en plus d’élèves au détriment de la qualité.
Les non titulaires ne sont pas qu’un nouvel espace de syndicalisation à conquérir ou des voix aux élections professionnelles. C’est le travail fédéral de lutte contre la précarité dans sa globalité qui, mené avec conviction et pugnacité, aura automatiquement un impact sur les adhésions et les votes. Pas l’inverse.
Vous le savez, les missions des AESH sont essentielles au bon fonctionnement de l’École. La priorité de la FSU doit être de lutter ET de gagner immédiatement un statut pour les AESH, pour les AED et pour tous les non-titulaires peu importe leur ministère.
C’est en ce sens que nous avons amendé le paragraphe 143 de ce thème 2.
Alors, avec la FSU, fini la cape d’invisibilité !
Pour l’arrêt de tous les projets écocides et donc du Canal Seine Nord Europe (thème 3 – jeudi 6 février)
Cher·es camarades,
Véronique vous a raconté l’histoire des AESH ce matin, à moi de le faire sur un tout autre sujet, celui du CSNE et de beaucoup d’autres grands projets inutiles/écocides.
Partout sur terre, dans nos communes, départements, régions, des projets fous qui ont un siècle de retard voient le jour. Alors évidemment certains sont plus caricaturaux que d’autres et beaucoup s’inscrivent dans une vision capitaliste passéiste qui s’inscrit dans une économie globale et mondialisée, le tout peint d’un vert bien pâle. Certains sont plus impactants sur l’environnement et la planète que d’autres. Les retombées en termes d’emploi peuvent être plus ou moins importantes. La région des Hauts-de-France voit arriver un de ces méga-projet fou.
Un projet qui fait fi de l’urgence climatique, qui rassemble à lui seul toutes beaucoup de tares, un projet anti-social et écocide. Antisocial car la carotte des centaines d’emplois à la clé n’est absolument pas garantie par les milliards d’euros de fonds publics qui seront dépensés pour creuser un méga-canal dont l’objectif sera de continuer d’inonder nos magasins de produits venus du monde entier en reliant la région parisienne aux ports belges et néerlandais. Le tout en faisant croire que cela allégera le trafic routier. Écocide car une retenue d’eau équivalent à 22 méga-bassine de Sainte-Soline serait construite pour l’abreuver en eau. Écocide car les compensations mises en place ne reconstitueront pas les écosystème entiers anéantis. J’arrête la liste vous avez compris l’idée.
Tous ces projets doivent pouvoir être, collectivement et syndicalement analysés, évalués et dénoncés s’ils ne sont pas pertinents. Certains impactent notre fédération, ses sections départementales et ses syndicats nationaux différemment, notamment quand des agent·es de notre champ de syndicalisation ou des sections syndicales entières sont directement concernés. C’est légitime. Cet enjeu n’est pas à prendre à la légère car il peut entraîner des tensions. Car évidemment la situation sociale, le chômage, la désindustrialisation nous heurte toutes et tous. Pas de débats. Mais le chantage à l’emploi ne peut ignorer l’urgence climatique. C’est ce nœud qu’il nous faut traiter pour éviter le choc la collision qui nous ferait couler toutes et tous. Notre organisation n’est évidemment pas la seule à être impactée, les confédérations le sont, au quotidien, elles aussi.
La question que le syndicalisme de lutte et de transformation sociale que nous portons aujourd’hui à la FSU et avec d’autres est de savoir quel(s) services public(s), quel travail nous voulons et sur quelle planète ? Mais quel(s) emploi(s) sur quelle planète surtout si elle est en feu ou sous les eaux.
Nous avons là un objet concret à traiter syndicalement, c’est peut-être même celui qui doit être inscrit au fronton de la grande salle de la maison commune que nous bâtissons et qui doit lui être largement consacrée.
Texte action (vendredi 7 février)
ll y a 2 ans, presque jour pour jour débutait la grande mobilisation interprofessionnelle, intersyndicale contre la contre-réforme Borne plaçant l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans. Une mobilisation puissante, sur la durée qui a rassemblé largement le monde du travail et qui malgré la défaite a su redonner une forme d’espoir dans l’action collective, dans l’action syndicale.
C’est forte de ses mandats pour un départ à la retraite à 60 ans, avec un taux à 75 % et après 37,5 annuités de cotisations, des mandats légitimes, clairs, offensifs, compris, expliqués, qui parlent aussi à l’ensemble de nos adhérent·es et de nos collègues que la FSU a su largement rassembler, dans les Assemblées Générales, dans la rue et dans la grève.
C’est donc de 2 ans après une mobilisation de plusieurs mois, après des élections législatives anticipées où la question de l’âge légal de départ à la retraite était dans beaucoup de têtes et de programmes, après le renversement du gouvernement Barnier que Bayrou est obligé de rouvrir le dossier retraite. C’est dans ce contexte que le mouvement social se trouve en ce moment et ce n’est surtout pas le moment de laisser un quelconque signe de faiblesse le traverser, nous traverser.
C’est donc très bien et on se satisfait que le rappel de nos mandats sur la retraite soit indiqué à la fin de ce texte action même s’ils ne sont pas précisés mais puisque nous les connaissons toutes et tous par cœur, qu’on les crie et qu’on les chante, ce n’est peut-être pas nécessaire de les rappeler.